Sommaire
Vous cherchez à connaître la grille des salaires 2026 applicable aux salariés permanents relevant de la convention collective du travail temporaire ? Nous mettons à votre disposition les minima conventionnels issus de l’accord du 20 février 2026, leur champ d’application, les règles de classification et les garanties de rémunération indispensables à une gestion salariale sécurisée.
La convention collective du travail temporaire et les salariés permanents
La branche du travail temporaire dispose de sa propre convention collective nationale. Elle se distingue des textes applicables aux salariés intérimaires en mission.

Le champ de la CCN 3212
La convention collective des entreprises de travail temporaire, publiée sous la brochure JO n° 3212, constitue la convention collective travail temporaire applicable aux salariés permanents. Elle concerne notamment les chargés de recrutement, assistants d’agence et responsables de compte qui exercent leurs fonctions dans les agences ou les sièges sociaux.
- Entreprises visées : toutes les entreprises de travail temporaire établies en France, qu’il s’agisse d’agences indépendantes ou de réseaux nationaux, dès lors qu’elles relèvent de la CCN.
- Salariés concernés : les permanents, commerciaux, recruteurs, gestionnaires de paie et chefs d’agence liés à l’entreprise par un CDI ou un CDD hors mission.
- Périmètre exclu : les salariés intérimaires en mission ne relèvent pas de cette CCN pour leur rémunération. Ils bénéficient toutefois du principe d’égalité de traitement avec les salariés de l’entreprise utilisatrice.
- Poids de la branche : environ 2 450 entreprises et 36 100 salariés sont couverts en France, dont quelque 31 900 permanents recensés selon le rapport 2025 portant sur les données 2024.
Appliquer la grille des permanents aux intérimaires, ou l’inverse, peut exposer l’entreprise à un contentieux prud’homal.
L’accord salarial applicable en 2026
La convention collective nationale du travail temporaire, identifiée par l’IDCC 1413, encadre les conditions d’emploi et de rémunération des salariés permanents de la branche. C’est dans ce cadre qu’intervient l’accord salarial du 20 février 2026, signé par l’organisation patronale PRISM’EMPLOI et trois organisations syndicales représentatives : l’UNSA Fédération commerces et services, la CFTC INTERIM et la CFDT Fédération des services.
L’arrêté d’extension du 4 mai 2026, publié au Journal officiel du 10 mai 2026, rend ces dispositions obligatoires pour l’ensemble des employeurs entrant dans le champ de la branche, y compris ceux qui n’ont pas signé l’accord. Les minima fixés sont des minima hiérarchiques au sens de l’article L. 2253-1 du Code du travail : un accord d’entreprise moins favorable ne peut donc pas y déroger.
La différence avec le salarié intérimaire
Vous devez distinguer deux statuts. Le salarié permanent est employé directement et durablement par l’agence d’intérim, souvent en CDI. Il gère les missions, les contrats et la relation client. Le salarié intérimaire est, quant à lui, recruté pour répondre au besoin temporaire d’une entreprise utilisatrice. Vous pouvez consulter la définition du contrat de travail temporaire pour préciser ses contours juridiques et les droits associés.
Le permanent est payé selon la grille conventionnelle prévue par la CCN. L’intérimaire en mission doit percevoir au moins le salaire d’un salarié de l’entreprise utilisatrice occupant un poste équivalent avec une qualification comparable. Ce principe d’égalité de traitement s’applique indépendamment des minima prévus par la convention collective travail temporaire pour les permanents.
Grille de salaire 2026 pour le travail temporaire
L’accord du 20 février 2026 établit une grille structurée en treize niveaux de classification, du niveau A au niveau M. Chaque niveau correspond à un profil de poste précis et fixe un salaire mensuel brut minimum que l’employeur doit respecter. Voici les montants applicables depuis le 1er février 2026, calculés sur la base de 151,67 heures mensuelles.

Minima mensuels par niveau
Pour lire correctement la grille de salaire applicable au travail temporaire, retenez un principe simple : les montants sont exprimés en brut mensuel et constituent des planchers. L’employeur peut donc verser davantage, jamais moins.
| Niveau | Salaire minimum mensuel brut (151,67 h/mois) |
| A | 1 836 € |
| B | 1 859 € |
| C | 1 896 € |
| D | 1 967 € |
| E | 2 013 € |
| F | 2 288 € |
| G | 2 547 € |
| H | 2 948 € |
| I | 3 358 € |
| J | 3 759 € |
| K | 4 418 € |
| L | 5 077 € |
| M | 5 666 € |
Classification des salariés permanents
La grille de salaire pour les permanents du travail temporaire ne dépend pas uniquement de l’intitulé du poste. Elle repose sur plusieurs critères : l’expérience, l’autonomie dans la prise de décision, les compétences mobilisées, le niveau de responsabilité et la nature des activités confiées.
Ainsi, un chargé de recrutement débutant ne sera pas classé comme un responsable d’agence senior, même si leurs intitulés peuvent sembler proches. Cette classification détermine le salaire minimum applicable. Elle doit apparaître clairement sur le contrat de travail ou le bulletin de paie. Une erreur peut exposer l’entreprise à un rappel de salaire ainsi qu’à des sanctions prud’homales.
Part variable et garanties annuelles
Pour les employés dont la rémunération comporte une part variable, notamment dans les fonctions commerciales de l’intérim, la convention collective applicable encadre les garanties minimales. La part variable ne peut pas servir à contourner les minima conventionnels fixés par la grille.
- Niveaux A à F avec variable : la part fixe versée chaque mois ne peut en aucun cas être inférieure au minimum conventionnel correspondant au niveau de classification du salarié.
- Niveaux G à M avec variable : la garantie est évaluée sur l’année. Elle correspond à douze fois le minimum mensuel conventionnel, variable compris dans le calcul.
- Niveau F en forfait jours : un minimum mensuel spécifique de 2 517 € brut s’applique, contre 2 288 € pour le minimum standard du niveau F.
- Forfait jours partiel : lorsque le nombre de jours travaillés est inférieur à celui d’un forfait à temps complet, le minimum de 2 517 € est ajusté proportionnellement au nombre de jours prévus.
Ces règles sécurisent la rémunération du salarié, y compris lorsque ses résultats commerciaux diminuent. Pour approfondir le calcul de la rémunération dans le secteur, consultez l’agence de travail temporaire spécialisée, qui accompagne les entreprises françaises dans la gestion de leurs besoins en personnel.
Revalorisation 2026 et garanties de salaire
L’accord du 20 février 2026 ne publie pas seulement de nouveaux montants. Il s’inscrit dans une revalorisation progressive des rémunérations des salariés permanents, alors que le secteur du travail temporaire connaît une contraction de son activité. Pour les entreprises, comprendre la portée de ces hausses permet d’anticiper leur effet sur la masse salariale et d’ajuster les pratiques de rémunération.
Augmentation des minima conventionnels
La mise à jour de la convention collective du travail temporaire applicable aux permanents, notamment de la grille des salaires, entraîne des hausses variables selon le niveau de classification. Au 1er février 2026, les revalorisations vont de 0,99 % à 2,02 % par rapport à la grille précédente, avec un effort plus marqué pour les niveaux d’entrée et intermédiaires.
- Niveaux A à F : les hausses s’établissent entre 1,97 % et 2,02 %. Ce sont les augmentations les plus importantes de la grille, avec un effet direct pour les salariés les moins qualifiés, dont le pouvoir d’achat est davantage exposé.
- Niveaux G à M : les revalorisations sont plus modérées, principalement fixées à 0,99 % ou 1,00 %. Elles tiennent compte de niveaux de rémunération déjà plus élevés et de marges d’ajustement différentes.
- Contexte sectoriel : le secteur du travail temporaire a enregistré un recul d’activité de 7,3 % en 2024, après une baisse de 3,7 % en 2023, ainsi qu’une perte de plus de 80 000 équivalents temps plein en deux ans.
- Évolution historique : au 1er janvier 2023, la grille fixait le niveau A à 1 714 €, le niveau B à 1 736 €, le niveau C à 1 770 € et le niveau D à 1 836 €. La progression est donc tangible à chaque niveau.
Avant la grille de 2023, l’accord du 10 juin 2022 avait déjà prévu une hausse uniforme de 70 € par niveau à compter du 1er juillet 2022, puis une revalorisation de 3 % au 1er janvier 2023. L’accord salaire du 20 février 2026 prolonge cette trajectoire de soutien au pouvoir d’achat, malgré un contexte économique incertain pour la branche. Vous pouvez consulter la grille des salaires minima 2023 pour les permanents de l’intérim sur Légifrance afin de mesurer le chemin parcouru.
Forfait jours du salarié permanent
Le forfait en jours est une modalité d’organisation du temps de travail souvent utilisée pour les cadres et certains agents de maîtrise des entreprises de travail temporaire. La convention collective applicable prévoit, pour ces salariés, des garanties de salaire distinctes des minima standards des permanents dont le temps de travail est décompté en heures.
Pour le niveau F, le minimum mensuel en forfait jours est fixé à 2 517 € brut, soit 229 € de plus que le plancher standard de 2 288 € prévu pour ce même niveau. Cet écart tient compte de l’absence de décompte des heures supplémentaires et de l’autonomie d’organisation plus importante accordée au salarié.
Lorsque le forfait jours est inférieur à un forfait à temps complet, notamment dans certains contrats à temps partiel aménagés, le minimum de 2 517 € est ajusté au prorata du nombre de jours prévus. La rémunération minimale reste ainsi cohérente avec le volume de travail réel, sans pénaliser l’employeur ni le salarié.
Égalité salariale dans les entreprises de travail temporaire
L’accord du 20 février 2026 réaffirme le principe d’égalité de rémunération entre les femmes et les hommes pour un même travail ou un travail de valeur égale. Le texte de branche précise que la classification des emplois issue de l’accord du 15 février 2013 est réputée conforme à ce principe.
Les entreprises d’au moins 50 salariés doivent calculer et publier chaque année leur index de l’égalité professionnelle. Pour celles de moins de 50 employés, l’accord encourage l’identification et la réduction des écarts de rémunération injustifiés entre les femmes et les hommes. Pour mieux comprendre le fonctionnement du travail temporaire en 2026, y compris les droits des salariés en intérim, consultez notre guide pratique.
Foire aux questions
Quelle est la grille des salaires des permanents du travail temporaire en 2026 ?
L’accord du 20 février 2026 fixe, à compter du 1er février 2026, les minima mensuels bruts des salariés permanents relevant de la convention collective nationale du secteur du travail temporaire (CCN, IDCC 1413). La grille comprend treize niveaux : 1 836 € pour le niveau A, 1 859 € pour le niveau B, 1 896 € pour le niveau C, 1 967 € pour le niveau D, 2 013 € pour le niveau E et 2 288 € pour le niveau F. Elle s’étend ensuite de 2 547 € au niveau G à 5 666 € au niveau M. Ces montants sont calculés sur la base de 151,67 heures mensuelles et s’imposent à l’ensemble des entreprises de la branche depuis l’arrêté d’extension du 4 mai 2026.
Quelle différence entre la rémunération d’un permanent et celle d’un salarié intérimaire ?
Le salarié permanent est employé directement par l’agence d’intérim, en CDI ou en CDD classique. Sa rémunération est encadrée par la grille de la CCN 3212. Le salarié intérimaire, quant à lui, est mis à disposition d’une entreprise utilisatrice dans le cadre d’un contrat de mission : son salaire doit être au moins égal à celui qu’aurait perçu, à poste et qualification comparables, un salarié de cette entreprise. Les salariés intérimaires ne relèvent donc pas de la grille applicable aux permanents pendant leur mission.
De quelle augmentation les permanents du travail temporaire bénéficient-ils en 2026 ?
La revalorisation entrée en vigueur au 1er février 2026 dépend du niveau de classification. Les niveaux A à F enregistrent les hausses les plus importantes, comprises entre 1,97 % et 2,02 %. Cette évolution soutient en priorité les permanents dont les rémunérations sont les moins élevées. Les niveaux G à M bénéficient de revalorisations plus modérées, principalement comprises entre 0,99 % et 1,00 %.

