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Vous accueillez des salariés roumains détachés et vous cherchez un exemple d’attestation de déclaration préalable de détachement ? Nous vous montrons quel justificatif demander, quelles mentions contrôler, comment la déclaration se dépose et se met à jour, et quels cas changent les formalités. De quoi vérifier votre dossier avec méthode, sans rien laisser au hasard.
Quelle attestation demander pour des salariés roumains ?
Le mot « attestation » peut prêter à confusion. Dans les faits, il ne s’agit pas d’un document que vous rédigez vous-même : c’est la preuve d’une formalité accomplie par l’employeur étranger. Encore faut-il savoir laquelle, et ce qu’elle prouve vraiment.

Le justificatif à demander
Pour une prestation relevant du régime général, l’attestation de déclaration préalable correspond à l’accusé de réception SIPSI (le service en ligne de déclaration des détachements). Quatre repères permettent de bien le situer :
- Son auteur : l’employeur établi hors de France, qui accomplit la formalité.
- Sa portée : il prouve la transmission de la déclaration, sans autoriser la mission.
- Ses limites : il ne valide pas la conformité du détachement.
- Son format : un fichier PDF généré par SIPSI après dépôt.
Le ministère du Travail propose un modèle indicatif d’accusé de réception, que vous pouvez télécharger en PDF. Ce modèle illustre la présentation du justificatif ; il ne prouve en rien qu’une déclaration a été déposée. Seul le fichier issu d’un dépôt réel a valeur de preuve.
Ce que le client français doit recueillir
En tant que donneur d’ordre, vous demandez l’accusé de réception avant le début de chaque détachement, conformément à l’article R. 1263-12 du Code du travail. Le même texte prévoit, le cas échéant, la remise d’une attestation sur l’honneur relative au paiement des amendes qu’il vise.
Comment récupérer ces justificatifs sans dépendre de vos prestataires ? Selon le ministère du Travail, un donneur d’ordre peut accéder à leurs accusés de réception en créant son propre compte SIPSI, hors transport. Les réponses aux questions pratiques sur cet accès figurent dans la foire aux questions de SIPSI.
Les pièces que le récépissé ne remplace pas
Le document portable A1 établit la législation de sécurité sociale applicable au salarié. Il ne remplace pas l’accusé SIPSI, et, à l’inverse, ce dernier ne prouve pas la situation sociale du salarié. De même, le contrat de travail décrit la relation d’emploi, et le contrat de prestation l’intervention commerciale : deux fonctions distinctes du justificatif SIPSI.
L’article R. 1263-1 du Code du travail impose par ailleurs à l’employeur établi hors de France de tenir à disposition de l’inspection du travail les pièces d’emploi, les justificatifs de rémunération requis selon la durée de la mission et les relevés d’heures. En résumé : chaque pièce prouve une chose, et aucune ne suffit seule.
Que vérifier sur l’accusé de réception ?
Recevoir un PDF ne suffit pas. Ce qui compte, c’est sa cohérence avec votre dossier et avec la réalité du terrain. Le contrôle porte sur le document lui-même, sur l’intervention réelle, puis sur les champs de la déclaration.

Les repères visibles sur le document
Le numéro de référence de la déclaration constitue votre point d’entrée. Vous le rapprochez des coordonnées du déclarant, des dates et des lieux conservés dans le dossier de mission.
Attention toutefois : toutes les informations saisies dans SIPSI ne sont pas forcément reproduites sur le PDF. Votre contrôle distingue donc les mentions visibles sur l’accusé des champs de la déclaration. Trois réflexes simples :
- Repérer le numéro : le noter dans le dossier de mission.
- Comparer les mentions : déclarant, dates et lieux face à vos propres pièces.
- Ne pas extrapoler : ce qui n’apparaît pas sur le PDF se vérifie ailleurs.
Conservez enfin le fichier original téléchargé depuis SIPSI, sans aucune modification, avec le dossier de la mission. Un PDF retouché perd tout intérêt probant.
La cohérence avec l’intervention réelle
L’accusé de réception ne vaut que s’il décrit fidèlement ce qui se passe sur votre site. Le rapprochement porte sur trois points :
- Les identités juridiques : employeur et client du dossier SIPSI face au prestataire contractuel et au contrat de prestation.
- La liste nominative : salariés déclarés face aux présents, à leurs pièces d’identité, aux dossiers de paie et aux relevés d’heures.
- L’intervention : lieux, dates et activités annoncés face à l’intervention effective.
Une personne absente de la liste n’est pas couverte par l’accusé. Pour une mission industrielle, la description déclarée doit aussi refléter les travaux réellement confiés, y compris dans le cadre du recrutement de travailleurs industriels roumains.
Les champs à contrôler dans SIPSI
Selon les articles R. 1263-3 à R. 1263-5 du Code du travail, les catégories de champs varient avec le type de détachement. Elles comprennent notamment la raison sociale, les adresses et les références d’identification de l’entreprise étrangère.
Le parcours applicable peut aussi demander des informations sur le représentant en France, l’hébergement collectif et la sécurité sociale. Ces dernières restent cohérentes avec le dossier social, sans faire de SIPSI un justificatif d’affiliation.
| Catégorie | Informations renseignées | Pièce de rapprochement |
| Entreprise étrangère | Raison sociale, adresses, références d’identification | Contrat de prestation |
| Salariés | Identité, informations professionnelles | Pièces d’identité, dossiers de paie |
| Prestation | Nature, lieux d’exécution, dates prévisionnelles | Contrat, planning de mission |
| Rémunération | Rémunération horaire | Justificatifs de rémunération |
| Selon le parcours | Représentant en France, hébergement collectif, sécurité sociale | Dossier social des salariés |
Comment déclarer un détachement et éviter les sanctions ?
La déclaration obéit à un calendrier précis et doit suivre la mission dans ses évolutions. Voici la démarche, de son dépôt jusqu’aux risques encourus en cas d’oubli.
Déposer avant le début de la mission
L’employeur étranger transmet la déclaration en français par SIPSI avant le début du détachement d’un travailleur, conformément à l’article R. 1263-5 du Code du travail. Selon l’article R. 1263-4-1, elle est adressée à l’unité territoriale compétente pour le lieu de la prestation, ou pour le premier lieu d’exécution si plusieurs sites sont concernés.
Un formulaire commencé ou simplement enregistré ne prouve pas sa transmission. Un dépôt réalisé après le début de la prestation ne rétablit pas rétroactivement le respect de l’obligation, et aucun délai général de régularisation de 48 heures n’existe. Le repère est unique : avant le premier jour.
Suivre et actualiser la déclaration
Après transmission, l’employeur récupère l’accusé de réception, vérifie les informations disponibles et vous le remet lorsque vous devez le recueillir. Aucun délai général d’acceptation ni de validation administrative n’est garanti. L’article R. 1263-5 impose aussi de modifier la déclaration si les dates changent, et de l’annuler si la mission n’a plus lieu.
Et pour une mission longue ? Le seuil de 12 mois concerne les conditions de travail applicables, non la validité de l’accusé. Sous conditions, une prolongation de 6 mois peut être déclarée avant ce seuil. Celui-ci peut aussi être atteint par cumul, lorsque des salariés se succèdent sur un même poste.
Les conséquences d’un manquement
L’article L. 1264-3 du Code du travail prévoit une amende maximale de 4 000 € par salarié. Elle passe à 8 000 € par salarié en cas de réitération dans les 2 ans suivant la notification de la première amende. Le total est plafonné à 500 000 €, modulé selon les circonstances et la situation de l’auteur. L’action administrative se prescrit par 2 ans. Le donneur d’ordre défaillant dans sa vigilance s’expose aussi à une sanction, et un manquement grave peut entraîner la suspension de la prestation.
Quels cas modifient les formalités applicables ?
Toutes les missions de salariés roumains ne suivent pas le même parcours. Le cadre juridique, le secteur ou le mode de transport peuvent modifier les formalités, voire ajouter des obligations.

Qualifier la mission des salariés roumains
La nationalité roumaine ne suffit pas à qualifier une mission. Vous examinez l’employeur, son activité réelle et les conditions concrètes de l’intervention en France. Trois situations se distinguent :
- Prestation pour un client français : une déclaration est généralement requise.
- Affectation intragroupe ou recrutement direct : la situation appelle une qualification propre.
- Envoi pour le compte propre de l’employeur : sans client, une dispense peut s’appliquer.
Une mission courte n’est pas dispensée pour autant. Elle ne l’est que si elle correspond aux activités ponctuelles précisément définies par l’article L. 1262-6 du Code du travail.
Le cas du travail temporaire
Lorsqu’une entreprise de travail temporaire roumaine met des salariés à disposition, le régime spécifique des articles R. 1263-6 à R. 1263-9 du Code du travail s’applique.
Ce parcours demande notamment les références de l’entreprise étrangère, les adresses complètes d’exécution, les informations sur l’entreprise utilisatrice et les garanties applicables. Son formulaire ne comporte en revanche aucune rubrique consacrée aux frais de déplacement, de repas et d’hébergement.
Chez Expressinterim, nous accompagnons le recrutement temporaire de travailleurs roumains et prenons en charge les démarches administratives du détachement. Grâce à notre service d’embauche de travailleurs temporaires roumains, nous pouvons proposer des intérimaires disponibles sous 48 heures, un délai commercial, distinct de toute échéance légale de déclaration.
Les particularités du BTP et du transport
Pour les travaux du BTP concernés, la carte professionnelle individuelle fait l’objet des démarches nécessaires avant le début du détachement. Selon le ministère du Travail, les cartes BTP des salariés détachés sont valables 5 ans depuis le 1er avril 2024 ; une carte encore valide se met à jour avant chaque nouvelle mission avec le numéro de déclaration SIPSI. Nous prenons en charge ces formalités dans le recrutement d’ouvriers roumains pour la construction.
Dans le transport routier, les conducteurs relevant du régime européen spécifique sont déclarés via IMI, et non par le parcours SIPSI ordinaire. SIPSI peut toutefois rester applicable à certains conducteurs d’une entreprise établie hors de l’Union européenne, une distinction à vérifier lors du recrutement de travailleurs roumains en logistique.
Foire aux questions
Quelles erreurs éviter dans une déclaration préalable de détachement ?
Les erreurs à prévenir sont l’oubli d’un salarié ou d’un lieu de travail, une raison sociale ou une adresse incohérente avec le contrat, des dates non actualisées et un représentant incapable d’accéder aux pièces exigibles. Un récépissé couvrant quatre salariés ne justifie pas la présence de six personnes : le statut des deux autres doit être vérifié.
Qui peut être désigné comme représentant en France de l’entreprise roumaine ?
Selon le ministère du Travail, la mission peut, sous conditions, être confiée à différentes personnes, y compris au client ou à un salarié détaché ; une société spécialisée n’est pas systématiquement requise. Le représentant assure la liaison avec les agents de contrôle. L’instruction de la Direction générale du travail du 27 mars 2024 précise que sa responsabilité ne remplace pas celle de l’employeur. Le détachement pour compte propre et certaines activités peuvent en être exemptés.
Quels documents présenter lors d’un contrôle de l’inspection du travail ?
Les pièces exigibles dépendent de la durée du détachement et de la situation du salarié ; une autorisation de travail et un document relatif à l’examen médical peuvent être demandés. Elles se présentent normalement sans délai, jusqu’à quinze jours dans certains cas dispensés. Le dossier doit être exploitable en français, avec les montants convertis en euros lorsque les textes l’exigent.
Qui délivre le document A1 d’un salarié roumain détaché en France ?
Pour un salarié normalement assuré en Roumanie, la demande relève de l’institution roumaine compétente lorsque les conditions de maintien au régime roumain sont réunies ; la délivrance n’est pas automatique.

