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Combien d’embauches les employeurs prévoient-ils, dans quels métiers, et avec quelles difficultés ? L’enquête de France Travail sur les besoins en main-d’œuvre répond à ces questions chaque année. Ses résultats 2026, ses difficultés d’embauche et ses données locales éclairent la préparation de vos recrutements, qu’ils soient temporaires ou permanents.
Qu’est-ce que l’enquête BMO de France Travail ?
L’enquête BMO (Besoins en main-d’œuvre) est un baromètre annuel. Elle donne une image des besoins en main-d’œuvre tels que les employeurs les anticipent, avant même que les offres soient publiées. Pour vous, décideurs, c’est une première lecture du marché à venir.

Des intentions de recrutement pour l’année à venir
L’enquête BMO mesure les intentions de recrutement que les établissements employeurs déclarent pour l’année suivante, par métier, par secteur d’activité et par territoire. France Travail la réalise avec ses directions régionales et le concours du Crédoc, un centre de recherche spécialisé dans l’étude des conditions de vie. Les projets de recrutement recensés incluent les créations de postes comme les remplacements, à temps partiel ou en emploi saisonnier.
À quoi sert cette photographie ? Elle aide les recruteurs à anticiper les difficultés. Elle contribue aussi à l’orientation des demandeurs d’emploi et des formations vers les besoins en recrutement exprimés par les employeurs. En résumé, la BMO relie ce que veulent les entreprises et ce que prépare le marché.
Quel est le champ de l’enquête ?
Pour la BMO 2026, la collecte s’est déroulée d’octobre à décembre 2025. Le champ de l’enquête compte 2,2 millions d’établissements, dont près de 1,8 million ont été interrogés. Au total, 416 588 réponses d’établissements ont été exploitées (des réponses, et non des projets).
L’enquête couvre les 13 régions métropolitaines et les cinq départements d’outre-mer. Elle inclut notamment les établissements privés et agricoles, certaines structures sans salarié ayant récemment déclaré une embauche, les collectivités territoriales et les établissements publics administratifs. Les administrations de l’État et certaines entreprises publiques restent hors champ.
L’unité interrogée est l’établissement : une entreprise de plusieurs sites peut donc correspondre à plusieurs unités statistiques. France Travail redresse ensuite les réponses par calage sur marges, une méthode qui ajuste les résultats à la structure réelle des établissements couverts.
Comment le questionnaire décrit-il les métiers ?
Le questionnaire parvient aux établissements par courrier, par Internet ou par téléphone. Il existe en six versions, qui adaptent la liste des métiers au secteur d’activité du répondant. Cette liste mêle métiers propres au secteur et métiers communs à plusieurs secteurs ; un employeur peut aussi saisir en clair un métier absent de la liste.
La BMO 2026 s’appuie sur une nomenclature des métiers de 217 postes, issue des familles professionnelles FAP 2021. Ces familles rapprochent les classifications de l’Insee et celles de France Travail. Attention : ces catégories ne correspondent pas aux codes ROME utilisés dans les offres d’emploi.
Que révèlent les résultats BMO 2026 ?
Les recrutements prévus sont moins nombreux qu’en 2025 et les employeurs les jugent moins difficiles. Pourtant, certains métiers et secteurs restent très exposés. Pour vos plans de recrutement, c’est le détail qui compte.

Quels métiers concentrent les recrutements ?
Selon France Travail, la BMO 2026 recense 2 279 500 projets de recrutement, contre 2 433 020 en 2025. La part des projets jugés difficiles recule à 43,8 %, contre 50,1 % un an plus tôt. Les projets saisonniers représentent 32,2 % du total, contre 31,0 % en 2025. Parmi les métiers porteurs en volume, on trouve :
- Restauration : 97 100 projets pour les aides de cuisine et employés polyvalents, 93 800 pour les serveurs.
- Agriculture : 83 800 projets pour les viticulteurs et arboriculteurs, 82 000 pour les agriculteurs.
- Services et soins : 80 900 projets pour les agents d’entretien, 69 500 pour les aides à domicile et 62 100 pour les aides-soignants.
De fortes parts de projets difficiles se trouvent ailleurs, selon France Travail. Elles atteignent 80,4 % pour les ouvriers qualifiés en conduite d’équipement d’usinage et 79,6 % pour les couvreurs. Suivent les médecins (78,7 %) et les chaudronniers-tôliers (77,6 %). On relève ensuite 73,9 % pour les bouchers et 72,4 % pour les mécaniciens de véhicules. Les chefs cuisiniers (72,0 %), les soudeurs (71,3 %) et les maçons qualifiés (70,4 %) complètent la liste.
Quels secteurs ont besoin d’embaucher ?
Le recrutement par secteur d’activité fait apparaître des besoins très inégaux, selon France Travail. La construction compte 139 670 projets en 2026, dont 65,2 % jugés difficiles et seulement 7,5 % saisonniers. Dans le BTP, Expressinterim accompagne le recrutement temporaire d’ouvriers roumains qualifiés, prend en charge les démarches administratives et logistiques et propose des contrats de six mois renouvelables. Côté industrie, les difficultés touchent surtout l’usinage, la chaudronnerie et la soudure ; nous sélectionnons des travailleurs industriels roumains qualifiés pour des missions de courte à moyenne durée.
Parmi les secteurs qui ont besoin d’embaucher, deux dépendent fortement du travail saisonnier. L’agriculture totalise 193 400 projets, dont 85,6 % saisonniers ; plus de 95 % des projets de viticulteurs et arboriculteurs le sont aussi. Nous y facilitons le recrutement de travailleurs agricoles roumains. L’hébergement et la restauration comptent 319 010 projets, dont 56,0 % saisonniers ; pour ces besoins temporaires, nous proposons le recrutement de personnel roumain pour l’hôtellerie, avec des contrats de six mois renouvelables.
| Secteur d’activité | Projets en 2026 | Jugés difficiles | Saisonniers |
| Santé humaine et action sociale | 320 590 | — | — |
| Hébergement et restauration | 319 010 | 44,3 % | 56,0 % |
| Services scientifiques, techniques, administratifs et de soutien | 300 580 | — | — |
| Agriculture | 193 400 | 39,0 % | 85,6 % |
| Autres activités de services | 180 060 | — | — |
| Commerce de détail | 169 090 | — | — |
| Administration publique et enseignement | 148 610 | — | — |
| Construction | 139 670 | 65,2 % | 7,5 % |
| Transports et entreposage | 82 240 | — | — |
Où se situent les projets de recrutement ?
Selon France Travail, l’Île-de-France arrive en tête avec 388 810 projets, dont 35,6 % jugés difficiles et 11,3 % saisonniers. L’Auvergne-Rhône-Alpes en compte 255 410, dont 47,8 % difficiles et 33,3 % saisonniers. La Nouvelle-Aquitaine suit avec 248 800 projets ; 49,8 % y sont jugés difficiles et 43,0 % saisonniers.
Au sein d’un même département, les profils divergent. Dans le Rhône, Lyon Centre compte 20 060 projets, dont 41,8 % difficiles et 13,5 % saisonniers. Rhône Est en totalise 10 690, avec 52,2 % de projets difficiles et 11,3 % saisonniers. À Villefranche, 53,2 % des 5 830 projets sont saisonniers et 51,1 % jugés difficiles. La moyenne régionale ne dit donc pas tout de votre bassin.
Comment interpréter les difficultés de recrutement ?
Un taux élevé de projets difficiles inquiète, et c’est normal. Mais que recouvre exactement ce chiffre ? Bien le lire vous évite des conclusions hâtives sur votre propre marché.
Que mesure la difficulté anticipée ?
La part des projets difficiles reflète ce que les employeurs anticipent au moment de l’enquête. Elle ne dit pas combien de recrutements échoueront ni combien de postes resteront vacants. Plusieurs causes peuvent expliquer ces difficultés de recrutement :
- Candidats et qualifications : peu de profils disponibles, ou des compétences qui ne correspondent pas au poste.
- Localisation : un site éloigné des bassins de candidats.
- Conditions de travail : horaires, pénibilité ou contraintes du poste.
- Stabilité et rémunération : un contrat court ou un salaire jugé peu attractif.
Une difficulté ne prouve donc pas, à elle seule, une pénurie de candidats. De même, un métier peut concentrer beaucoup de projets sans afficher une forte part de projets difficiles : le volume et le taux répondent à deux questions différentes. Lisez-les séparément.
La tension du marché du travail est-elle équivalente ?
Non. La difficulté anticipée de l’enquête BMO ne remplace pas l’indicateur de tension du marché du travail publié par la Dares, le service statistique du ministère du Travail. Les deux mesures se complètent sans se confondre.
Selon la Dares, six métiers sur dix étaient en tension forte ou très forte en 2024. Ces métiers représentaient 55 % des salariés. La proportion de métiers concernés était plus élevée en 2023.
D’après la Dares, les tensions ont reflué en 2024 dans l’informatique, les industries de process et les transports-logistique. Elles restent en revanche élevées dans le bâtiment, la mécanique, la maintenance et la santé, des domaines où la BMO 2026 signale aussi de fortes difficultés.
Quelles limites avant de conclure ?
Un projet BMO n’est pas forcément une création nette d’emploi, ni une offre déjà publiée. L’enquête ne permet pas non plus de savoir quels projets deviendront des emplois permanents plutôt que des remplacements ou des postes saisonniers.
Les offres publiées trouvent d’ailleurs souvent preneur. Selon France Travail, 83,6 % des 3,1 millions d’offres de contrats d’un mois ou plus déposées et clôturées en 2024 ont été pourvues. L’Unédic estime qu’environ 151 000 offres étudiées ont été abandonnées faute de candidat en 2024. Cela représente 4,9 % des offres.
Pour confronter ces intentions aux embauches réelles, les mouvements de main-d’œuvre de la Dares, calculés à partir des déclarations sociales nominatives, sont utiles. La Dares compte 6 603 800 contrats signés au deuxième trimestre 2026 dans le secteur privé métropolitain, hors agriculture, intérim et particuliers employeurs. Ce chiffre ne se compare pas directement aux projets annuels de la BMO.
Comment exploiter la BMO pour recruter ?
Bien utilisée, la BMO vous donne une connaissance du marché local avant d’ouvrir un poste. Encore faut-il savoir où chercher, comment comparer et quel contrat choisir ensuite.

Où consulter les résultats locaux ?
Le portail statistique BMO de France Travail présente les projets de recrutement, les difficultés anticipées et la saisonnalité par année, territoire, métier et secteur d’activité. Pour une recherche locale, procédez dans cet ordre :
- Le millésime : choisissez d’abord l’année d’enquête.
- Le territoire : sélectionnez la région, le département ou le bassin d’emploi.
- Le métier ou le secteur : filtrez ensuite selon votre besoin.
- Le classement : comparez les métiers les plus recherchés, ceux recherchés hors saisonniers et ceux aux plus fortes difficultés anticipées.
Au-delà du portail, France Travail publie des résultats nationaux, des analyses sectorielles et des publications régionales. Des jeux de données sont aussi disponibles pour une exploitation détaillée de vos intentions de recrutement à l’échelle locale.
Comment comparer les données sans les confondre ?
Une comparaison fiable garde toujours visibles le millésime, le territoire, le métier et le secteur d’activité. Vous comparez un métier sur plusieurs années ? Vérifiez alors les changements de nomenclature des métiers et de champ.
Un bassin d’emploi BMO couvre une ou plusieurs agences France Travail ; il ne correspond pas à la zone d’emploi définie par l’Insee à partir des déplacements domicile-travail. À une échelle très fine, France Travail arrondit les projets à la dizaine et affiche zéro sous quatre projets, sans taux de difficulté. Prudence, donc, avec les résultats très détaillés.
Quel contrat répond au besoin identifié ?
La BMO repère un besoin, pas le contrat qui y répond. Pour un emploi durable lié à l’activité normale et permanente, le CDI est la norme ; l’article L.1242-1 du Code du travail interdit de le pourvoir durablement par un CDD. L’article L.1242-2 prévoit notamment le remplacement d’un salarié absent, l’accroissement temporaire d’activité et l’emploi saisonnier. Comme le CDD, l’intérim répond à un besoin temporaire : l’entreprise de travail temporaire emploie le salarié par contrat de mission et signe un contrat de mise à disposition avec l’entreprise utilisatrice. Expressinterim propose des intérimaires roumains qualifiés disponibles sous 48 h et gère les démarches administratives du détachement.
Foire aux questions
Qu’est-ce que le CDI intérimaire ?
Le CDI intérimaire lie durablement le salarié à une entreprise de travail temporaire. Il lui permet d’effectuer des missions successives auprès de différentes entreprises utilisatrices.
Comment les projets de recrutement ont-ils évolué en Pays de la Loire entre 2025 et 2026 ?
La BMO 2025 recensait 168 770 projets en Pays de la Loire, dont 56,7 % jugés difficiles et 34,8 % saisonniers. En 2026, la région compte 154 890 projets selon France Travail, dont 49,2 % jugés difficiles et 35,4 % saisonniers : les volumes et la part des projets difficiles reculent.
Les aides à domicile sont-elles plus difficiles à recruter que les aides-soignants ?
D’après la BMO 2025 de France Travail, oui : 80,4 % des projets concernant les aides à domicile et auxiliaires de vie étaient jugés difficiles. Pour les aides-soignants, cette part était de 64,4 %.
Le redressement statistique de l’enquête BMO corrige-t-il tous les biais ?
Non. France Travail redresse les réponses par calage sur marges, à partir de la structure des établissements couverts. Ce redressement ne garantit cependant pas la correction de tous les biais liés à la non-réponse des établissements.

