Sommaire
- Calculer le coût d’un intérimaire
- Ce que couvre la facture d’intérim
- Frais de recrutement selon la prestation
- Négocier le coefficient sans surcoût
- Coût comparé de l’intérim, CDD et CDI
- Foire aux questions
Combien vous coûte réellement un intérimaire, et que recouvrent les frais de recrutement d’une agence d’intérim ? Nous détaillons ici la formule de calcul, les postes inclus dans la facture, l’écart entre délégation et gestion, puis les leviers pour négocier le coefficient. Vous saurez lire un devis, construire une simulation fiable et comparer l’intérim au CDD ou au CDI en toute connaissance de cause.
Calculer le coût d’un intérimaire
Un devis d’intérim paraît souvent opaque. Il repose pourtant sur une mécanique simple, que vous pouvez reproduire vous-même pour anticiper votre budget avant de consulter une agence.

La formule de calcul
Pour calculer le montant hors taxes, multipliez le taux horaire brut de l’intérimaire par le nombre d’heures travaillées, puis par le coefficient de facturation négocié. Ce coefficient s’applique aux heures réellement effectuées dans l’entreprise utilisatrice. Certaines absences peuvent toutefois être prises en compte, selon les clauses du contrat.
Existe-t-il un tarif horaire national de l’intérim ? Non. Le prix dépend avant tout du salaire horaire prévu et du coefficient retenu pour la mission.
Exemples de prix horaires
Prenons un salarié payé 10 € brut de l’heure avec un coefficient de 2 : il revient à 20 € HT de l’heure. Sur une journée de 7 heures, la facture atteint 140 € HT.
Le prix horaire d’un intérimaire grimpe vite avec la qualification : à 15,50 € brut et un coefficient de 2,2, il s’élève à 34,10 € HT. Sur un mois de 151,67 heures, un taux brut de 11,27 € et un coefficient de 1,90 donnent une facture de 3 247,63 € HT.
| Taux horaire brut | Coefficient | Durée | Montant facturé HT |
| 10 € | 2 | 1 heure / 7 heures | 20 € / 140 € |
| 15,50 € | 2,2 | 1 heure | 34,10 € |
| 11,27 € | 1,90 | 151,67 heures (mois) | 3 247,63 € |
Construire une simulation fiable
Depuis le 1er juin 2026, le SMIC métropolitain s’établit à 12,31 € brut de l’heure, soit 1 867,02 € brut mensuels sur 35 heures. C’est le plancher à partir duquel se calcule le coût d’un intérimaire au SMIC.
Une simulation sérieuse intègre ensuite le volume d’heures prévisible, les heures supplémentaires, les majorations d’horaires et les primes du poste. Nuit, dimanche, jour férié, prime de poste : chacun de ces éléments augmente la rémunération de référence, donc le montant facturé et le coût total.
Reste la TVA. La facture finale est majorée de 20 %, une TVA déductible de celle que vous collectez si votre régime le permet. Ce détail pèse sur la trésorerie ; pour mesurer ce que coûte un intérimaire à l’employeur, raisonnez donc en HT comme en TTC.
Ce que couvre la facture d’intérim
Que payez-vous exactement derrière le coefficient ? Bien plus qu’un salaire. La facture finance une rémunération encadrée par la loi, des indemnités obligatoires et l’ensemble des obligations d’employeur.

Salaire et égalité de rémunération
L’entreprise de travail temporaire est l’employeur juridique : elle recrute, rémunère le salarié et le met à votre disposition, dans une relation tripartite. Sa rémunération ne peut être inférieure à celle d’un salarié de qualification équivalente occupant le même poste chez vous. Cette égalité s’étend aux accessoires :
- Tickets-restaurant et indemnités de transport : dus dès lors que vos salariés en bénéficient.
- Primes de poste et 13e mois : versés dans les mêmes conditions qu’à vos équipes.
- Majorations : heures supplémentaires et horaires atypiques suivent vos règles internes.
Le montant de la rémunération, ses composantes, les primes et les accessoires figurent dans le contrat de mise à disposition. Ce document devient votre référence pour vérifier chaque facture.
IFM et congés payés
L’indemnité de fin de mission (IFM), ou prime de précarité, est en principe égale à 10 % de la rémunération totale brute due au salarié, selon l’article L.1251-32 du Code du travail.
Elle n’est pourtant pas due dans toutes les situations : l’article L.1251-33 prévoit des exclusions liées au contrat ou aux conditions de rupture. Vérifiez donc sa présence mission par mission.
L’indemnité compensatrice de congés payés, elle, s’applique à chaque mission : au moins 10 % de la rémunération totale brute perçue, conformément à l’article L.1251-19 applicable depuis le 24 avril 2024. Son assiette inclut l’IFM, et ne se limite donc jamais au salaire horaire de base.
Charges et obligations incluses
Les charges sociales patronales ne relèvent d’aucun taux unique. Elles varient selon la rémunération, l’effectif, le risque accident du travail, le lieu, les réductions de cotisations et les contributions conventionnelles. Selon l’Urssaf, l’assurance chômage employeur est fixée à 4 % en 2026, et la cotisation AGS à 0,03 % pour les intérimaires.
La facture finance aussi la gestion administrative : paie, déclarations sociales, DPAE (déclaration préalable à l’embauche), contrats, suivi médical et prévention sécurité. Autant de dépenses que l’agence porte à votre place.
Ce cadre dépasse les frontières nationales. La directive 2008/104/CE encadre les conditions de travail des travailleurs intérimaires au sein de l’Union européenne, et donc l’activité de toutes les agences de travail temporaire.
Frais de recrutement selon la prestation
Le prix d’une mission dépend d’abord de ce que vous confiez à l’agence. Recherche complète du candidat ou simple portage administratif ? La réponse modifie sensiblement le coefficient.

Recrutement intégré à la facture
Contrairement à un cabinet, qui facture des honoraires distincts, les frais de recrutement d’une agence d’intérim sont intégrés à la facturation de mise à disposition. Le prix couvre tout le parcours :
- Analyse du besoin : définition du poste et du profil attendu.
- Recherche et sélection : sourcing puis évaluation des candidats.
- Vérification des pièces : contrôle des documents avant la mission.
- Prise de poste et suivi : accompagnement à l’arrivée, puis suivi de mission.
En plus des tâches administratives déjà citées, l’agence gère le prélèvement à la source. C’est tout l’intérêt du modèle : le fonctionnement du travail temporaire vous décharge du rôle d’employeur juridique.
Délégation ou gestion administrative
En délégation, l’agence recherche et sélectionne le candidat, puis devient son employeur : le sourcing justifie un tarif plus élevé. En gestion, vous connaissez déjà le salarié et confiez seulement le contrat, la paie et les obligations d’employeur. Moins de travail, donc moins cher.
Chez Expressinterim, le coefficient de délégation se situe généralement entre 1,95 et 2,30. Le coefficient de gestion va de 1,70 à 1,90. Une clause de bascule peut prévoir le passage de l’un à l’autre après plusieurs mois de mission continue.
Cas des recrutements franco-roumains
Nous accompagnons les entreprises françaises dans la mise à disposition de travailleurs roumains qualifiés (BTP, industrie, agriculture, hôtellerie-restauration, logistique). Pour un salarié détaché, la prestation peut inclure les documents de détachement, le suivi réglementaire, l’accueil et, selon la mission, le transport ou l’hébergement.
Un salarié recruté en Roumanie par une agence française, sous contrat français, n’est pas forcément détaché : sa paie et ses charges sont alors établies en France. Une agence établie hors de France qui détache un salarié doit, elle, respecter les règles françaises de rémunération, de temps de travail, de santé et de sécurité.
Négocier le coefficient sans surcoût
Un coefficient se discute. Encore faut-il savoir ce qu’il contient, comparer des offres équivalentes et choisir des leviers qui ne dégradent pas la qualité du service.
Lire le coefficient correctement
Le coefficient d’intérim n’est pas la marge pure de l’agence. Il regroupe les charges patronales, les indemnités, le recrutement, la gestion administrative, les risques et la marge commerciale. Aucun décret ne le fixe : il résulte d’une négociation entre l’agence et l’entreprise utilisatrice.
Les valeurs observées se situent fréquemment entre 1,7 et 2,5. Qualification, rareté du profil, tension du marché, durée et niveau de service expliquent l’écart. Ce détail est développé dans notre guide du coefficient d’agence d’intérim.
Comparer des devis à périmètre égal
Deux devis ne se comparent que si leur assiette est identique. Un coefficient plus bas peut coûter davantage si transport, logement, équipements de protection, remplacement ou frais de détachement sont facturés à part. Avant de trancher, vérifiez trois points :
- L’assiette : traitement du salaire, des primes, de l’IFM, des congés payés et des cotisations.
- Les frais annexes : inclus dans le prix ou ajoutés en supplément.
- Les éléments exonérés : certains frais professionnels relèvent d’un coefficient neutre de 1 ou d’un coefficient minoré.
Demandez ensuite une simulation détaillée isolant heures normales, heures supplémentaires, majorations, primes, indemnités et éventuels frais de mobilité. C’est là que se révèlent les coûts cachés.
Réduire le prix sans dégrader le service
Volume annuel, durée et régularité des missions sont vos meilleurs arguments, notamment dans un contrat-cadre. Anticiper plusieurs semaines à l’avance laisse du temps pour chercher le profil et ouvre de meilleures conditions. Faire jouer la concurrence reste utile, à condition de comparer tarif et périmètre réel.
Contrôlez aussi vos factures : entre 2 % et 6 % d’un même volume d’achat peuvent comporter des erreurs, sur les taux horaires, jours fériés ou heures supplémentaires. Un manquement à l’égalité de traitement peut en outre entraîner des corrections financières et sociales. Vérifier devis et relevés d’heures limite ce risque.
Coût comparé de l’intérim, CDD et CDI
L’intérim est-il plus cher qu’une embauche directe ? Tout dépend de la durée du besoin et de ce que vous intégrez au calcul.

Intérim ou CDD selon la durée
En intérim, salaire brut et gestion administrative figurent dans la facture de l’agence. En CDD, vous versez directement le salaire au collaborateur, et portez le reste :
- Gestion administrative : couramment 100 à 200 € à l’embauche, puis environ 30 € par mois.
- Temps interne : mobilisation des équipes RH et des managers.
- Diffusion et intégration : publication des offres, puis période de montée en compétence.
L’intérim reste généralement compétitif pour un besoin de moins de 3 à 4 mois. Au-delà, comparez le taux effectif, vos besoins de recrutement et vos contraintes opérationnelles.
CDI et embauche après mission
Un salarié en CDI représente environ 1,6 fois son salaire brut, hors congés payés, sans coefficient de mise à disposition. Faut-il prévoir des frais pour embaucher un intérimaire en CDI ? Aucun coefficient ne s’applique alors, et les missions des 3 mois précédents sont déduites de la période d’essai du nouveau contrat.
L’intérim permet d’observer un professionnel en situation réelle avant une intégration durable. Autre formule : le CDI intérimaire, qui lie le salarié à l’agence entre les missions, sans prime de précarité à chaque fin de mission.
Choisir selon le besoin opérationnel
Surcroît d’activité, remplacement, urgence : l’intérim mobilise un profil en quelques heures à quelques jours, et Expressinterim propose des intérimaires disponibles sous 48 heures. Si le candidat ne convient pas, l’agence le remplace. La rotation peut toutefois imposer des formations récurrentes, et certains postes exigent de la stabilité. Pesez donc durée, rareté du profil et coût total, ce sont les vrais avantages de recruter un intérimaire, bien au-delà du seul tarif horaire.
Foire aux questions
Faut-il payer des frais d’agence ou de cabinet en cas d’embauche directe en CDI ?
Non, pas de coefficient d’intérim ni de facture de mise à disposition. Des frais n’apparaissent que si vous faites appel à un cabinet de recrutement. Ses honoraires peuvent couvrir la définition du besoin, le sourcing, la présélection, les entretiens, l’évaluation et la coordination administrative. Leur prix se négocie librement : aucun barème légal français n’impose de pourcentage unique.
Un coefficient de facturation élevé signifie-t-il que l’intérimaire est mieux payé ?
Non. Le coefficient concerne uniquement la relation entre l’agence et l’entreprise cliente. Il n’a pas d’effet direct sur le revenu net de l’intérimaire. Un coefficient élevé reflète les charges, les frais et la marge de l’agence, pas un salaire plus important.
Que risque l’entreprise utilisatrice si l’agence d’intérim fait défaut ?
L’agence doit disposer d’une garantie financière couvrant salaires, accessoires, indemnités et cotisations obligatoires (articles L.1251-49 et L.1251-50 du Code du travail). Si elle est défaillante et que cette garantie ne suffit pas, vous pouvez être substitué à elle pour certaines sommes dues pendant la mission (article L.1251-52). Demandez donc l’attestation de sécurité sociale sur ses cotisations, prévue par l’article L.1251-51.

